Blog

  1. 01. Un Stradivarius à l’oreille? Claudia Fritz y répond.

    Claudia Fritz1

    Claudia Fritz, chercheuse en Acoustique Musicale au sein de l’équipe Lutheries – Acoustique – Musique, de l’Institut Jean Le Rond d’Alembert à l’ Université Paris 6, a ébranlé le monde de la musique classique lors de la sortie des résultats de ses recherches. Partie  du postulat que le musicien considère la qualité de la sonorité suivant l’âge de l’instrument comme un Stradivarius ou un Del Gesù. L’expérience a été réalisée lors de la dix-huitième édition de l’International Violin Competition of Indianapolis (IVCI) en septembre 2010.

    Le constat fait écho et pourtant souvent vérifié. Pour la plupart des violonistes,  jouer avec un Stradivarius ou un del Gesù assure une sonorité bien meilleure que celui d’un nouveau violon. Aujourd’hui, la question se pose : La qualité du son appréciée par un violoniste serait-elle à la hauteur du prix de l’instrument ou de son histoire? Existe-t-il une réelle différence qui justifie cette adoration pour les instruments anciens ?

    Le mythe (ou mystère) des violons d’Antonio Stradivari déclenche maintes recherches. Pour essayer de comprendre l’engouement des musiciens pour les Stradivarius ou del Gesù, Claudia Fritz s’est tournée vers l’oreille des musiciens. Peuvent-ils discerner un Stradivarius d’un del Gesù ou d’un violon moderne? Dans un contexte neutre, sans connaissance de l’instrument joué, peuvent-ils discerner les uns des autres? Et lequel préféreront-ils?  Claudia Fritz souhaite des réponses à toutes ces questions.

    Claudia Fritz

    21 violonistes ont été conviés. Grands violonistes, vainqueurs de concours, étudiants, de 20 à 65 ans, tous ont eu la chance de jouer un Stradivarius ou un del Gesù. Dix d’entre eux étaient titulaires d’un master ou d’un doctorat, dix-neuf se définissaient comme des musiciens professionnels dont onze avaient joué en soliste, seize avaient joué en formation de musique de chambre et quatorze étaient musiciens d’orchestre. Enfin quatre d’entre-eux concouraient à l’IVCI, deux étaient membres du jury et huit étaient de l’orchestre Symphonique d’Indianapolis. Mais pourront-ils percevoir la différence entre un violon nouveau  et un ancien italien, rien n’est certain ?

    La sélection des violons était composé d’un Guarneri del Gesù (1740) et 2 Stradivarius (1700 et 1715). Le plus ancien des Stradivarius était la propriété d’un grand violoniste du XXe siécle, aujourd’hui devenue propriété d’un grand institut.  Le plus récent provient de la période d’Or, utilisé par des violonistes renommés pour certains concerts. Le del Gesù compte parmi ses chefs d’œuvres. Avec l’aide du grand luthier américain Joseph Curtin, Claudia Fritz a  réuni ses trois violons qui valent à eux seuls 10 Millions $. Tous les violons (6) avaient des cordes identiques.

    Afin que cette expérience se déroule dans les meilleures conditions, Claudia Fritz a proposé aux violonistes de prendre leurs propres archets partant du principe qu’ils seraient plus à l’aise. Les musiciens qui ne possédaient pas des archets de grandes qualités, l’équipe lui en proposait un « Compte tenu de l’absence de recherches sur le sujet, nous avons simplement suivi une pratique courante: Lorsque un violoniste teste un instrument, il utilise généralement leur propre archet, ils y sont habitués. Cela permet d’éviter l’introduction d’une nouvelle variable dans leur expérience.« 

    claudia-fritz-6violins

    Le lieu de cette expérience est très controversé actuellement. Claudia Fritz a veillé à choisir une salle à l’acoustique  relativement sèche qui permet peu de réverbération. Elle a donc choisi une chambre. Aux critiques, Claudia Fritz y répond clairement : « Les joueurs utilisent des violons dans toutes sortes de salles de répétition,  ils (les violons) sont régulièrement jouées dans des chambres d’hôtel! … Une salle de concert reflètent l’acoustique de cette salle en particulier, et l’acoustique change de façon spectaculaire quand une salle est pleine, ce qui rend une salle vide un peu moins convaincante pour l’espace de test. »

    Tout au long des séances, les musiciens portaient des lunettes de soudeurs modifiées (tout comme celui qui donnait les violons), qui, dans une pièce assombrie, leur rendait impossible d’identifier les instruments à l’œil. Pour masquer des odeurs distinctives, un peu de parfum a été mis sous la mentonnière de chaque violon. La chambre d’hôtel a été divisée en deux zones par un écran en tissu. Notez, cependant, que cette expérience a été conçue pour tester non pas les qualités objectives des instruments, mais plutôt les préférences subjectives des violonistes dans des conditions spécifiques.

    Dans un premier temps, les violonistes essayaient durant une minute chaque violons. Ils étaient organisés par paires, un ancien un récent. Le musicien devait à la sortie définir sa préférence pour chaque paire. Puis, Claudia Fritz met les « testeurs » dans une condition d’achat en magasin. Les violonistes devaient définir dans un temps prédéfini de 20 min le violon qu’ils aimeraient emporter. Certes, il est impossible de choisir un violon en 20 min, pour cela même que Claudia Fritz ajoute   »C’est une des raisons, nous avons demandé aux musiciens de considérer quel violon préféreraient-ils dans l’instant, dans les conditions d’essai, plutôt que de définir le meilleur violon, celui qu’ils aimeraient ramener à la maison pour des tests supplémentaires, et non pas celui qu’ils aimeraient acheter. L’idée était de reproduire une situation réelle  et typique, où un joueur teste en premier lieu un certain nombre de violons dans un magasin, puis décide d’en prendre un à la maison pour un essai plus long. »

    Claudia Fritz2

    Le résultat  de cette étude est très surprenant. Il s’avère que le violon rejeté par les musicien fût le Stradivarius de 1700. Les violonistes ont plébiscité largement les nouveaux violons, seulement 8/21 musiciens ont choisi les anciens violons. Dans les deux séries de l’expérience en double aveugle, les musiciens n’ont pas semblé faire la différence entre un nouveau et un ancien violon. Le mal-aimé fût donc définitivement le Stradivarius, le préféré fût un nouveau violon de belle qualité. Il est donc avéré que les violonistes ont choisi des violons en fonction des qualités de jeu de l’instrument. A noter, le violoniste a fait cette expérience avec le violon sous l’oreille et non en auditeur.

    Cette étude fût un coup de tonnerre pour les professionnels de la musique classique. Les  médias spécialisés n’ont pas hésité à remettre en question le contexte de l’expérience en la déclarant nulle. Cette  étude permet toutefois d’avérer que le prix et l’histoire du violon donne inconsciemment de la valeur à la qualité acoustique de l’instrument. Même si l’étude démontre que les musiciens ont une préférence pour les nouveaux violons, il est évident que les grands violonistes ou les grands rêveurs admireront et rechercheront un ancien italien. Tout comme les violons récents, le musicien travaille son Stradivarius pour l’ouvrir et l’accorder à son jeu… un travail de longue haleine et il le fera. Arriverait-il à passer autant de temps et dépenser autant d’énergie avec un nouveau violon pourtant plus malléable?

    John Soloninka, l’un des violonistes participant à l’étude a dit «C’était passionnant. Je pensais moi aussi être capable d’établir une différence, mais j’en ai été incapable» et «Si après cette étude vous faites des critiques mesquines et rejetez cette étude, alors vous êtes dans le déni. Si nous-même, au nombre de vingt-et-un dans des conditions de contrôle, ainsi que mille cinq cents personnes dans un hall n’avons pu repérer aucune différence, et cela en accord avec des études antérieures alors il est temps d’enterrer le mythe des violons anciens».

    Crédit Photo: Claudia Fritz

     

     

  2. 02. Testimonial : Nicola Benedetti, violonist

    benedetti
    Copyright: PA

    The violins of Anaïs I tried were clear, projected well and are even in sound. They were also comfortable to play.

    Nicola Benedetti, January 2014, Nantes

  3. 03. Testimonial : Raphaël Pidoux, cellist, trio Wanderer

    Raphael Pidoux cellist
    Copyright: Marco Borggreve

    Beau Violoncelle très réussi sur le plan sonore, très égal. Le timbre est beau et mérite donc d’être travaillé. Bravo! On attend les autres avec impatience

    Nice Cello, beautiful sound, very well balanced. Nice tone which is worth working with. Congratulations! Look forward to hearing the next ones.

    Raphaël Pidoux, january 2014, Paris

  4. 04. Testimonial : Patricia Kopatchinskaja, violonist

     

    Patricia Kopatchinskaja violonist
    Copyright: Marco Borggreve

    The instrument of Anaïs Gassin I have tried in Nantes responded to my musical 
wishes in very natural way with a warmth and brightness of its colorful and rich sound.

    Patricia Kopatchinskaja, decembre 2013

  5. 05. Testimonial : Nicole Tamestit, violonist

    NicoleTamestit_3001
    Copyright: Nicole Tamestit / Chartres.fr / Rivegauche Musique

    Quel plaisir, lors d’une tournée, de découvrir l’atelier d’Anaïs Gassin, dans une petite rue d’un village ensoleillé près de Montpellier, et de pouvoir jouer une de ses récentes créations : un violon d’emblée “facile“ à jouer, que j’ai beaucoup apprécié pour son équilibre, sa profondeur, son timbre chaud et qui semble ne demander qu’à s’ouvrir. Bravo d’avoir déjà tant trouvé ! Je suivrai le parcours d’Anaïs Gassin avec grand intérêt.
     

    What a pleasure it was whilst on tour, to discover Anaïs Gassin’s workshop on a small street of a sunny village near Montpellier and to get the opportunity to play one of her latest creations : a violin really easy to play, well balanced, with a deep and warm tone just asking to be opened. Congratulations for having found so much already! I’ll follow Anaïs’progression with great interest.

    Nicole Tamestit, novembre 2013, Paris


Anaïs Gassin - Violin Maker : Violin - Viola - Cello - theme wordpress Alaja - © 2014 Design & Photography: Go-Production.com -

Contact | Blog